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Surveillance des moisissures dans l'air de la région Nord - Pas de Calais
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Mise en ligne : Septembre 2007
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La moisissure est une composition de champignons microscopiques ubiquistes qui regroupent des milliers d’espèces (la plupart ont entre 2 et 20 µm) . Ces champignons produisent des spores, invisibles à l’oeil nu, pouvant passer chez la plupart des espèces en suspension dans l’air. Ils peuvent être transportés par les courants d'air, les humains ou les animaux.
Quand une colonie se développe, elle prend habituellement l’aspect d’une tâche plus ou moins vaste, de couleur blanche, grise, brune, verte ou noire, formée de filaments chargés de spores (l’équivalent du pollen des plantes).
D'où proviennent les moisissures ?
Des milliers de moisissures vivent sur les végétaux. Elles se reproduisent en émettant des spores qui se répandent dans l'air quand la température (10-40°C) et l'humidité (>85%) leur sont favorables puis, viennent se déposer dans l'environnement.
Ainsi, la concentration et la diversité des espèces fongiques varient principalement selon la saison et la disponibilité des matières organiques (cellulose) retrouvées dans la nature. Les spores peuvent résister à des conditions environnementales extrêmes (feu, sécheresse, gel), ce qui favorise leur survie dans différents milieux.
Quand les moisissures sont-elles plus abondantes dans l'air ?

Il y en a toute l’année, mais davantage lorsqu’il fait chaud et humide (de mai à octobre). C'est ainsi qu'en été on respire environ 1000 fois plus de spores fongiques que de grains de pollens. En pleine saison pollinique, quand les pluies plaquent les pollens au sol, ce sont rapidement les moisissures qui viennent envahir l’atmosphère et ce, durant 3-4 jours. En journée, le maximum de moisissures est généralement observé entre 17 et 20 h.
Quels sont les effets des moisissures sur la santé ?
Quand les moisissures se développent de façon importante, la dispersion des spores de moisissures dans l’air ambiant peut entraîner des problèmes de santé par simple inhalation ou contact cutané. De plus, elles peuvent libérer, tout comme les bactéries, des toxines dangereuses pour la santé humaine. 5 à 10% de la population française (10 à 13% chez les enfants) est sensibilisée aux allergènes de moisissures.
Les moisissures sont susceptibles de déclencher des irritations des muqueuses, des maladies des voies respiratoires (toux, rhumes, éternuements, difficultés respiratoires), des crises d’asthme, des réactions allergiques telles qu’irritation de la peau voire, des effets plus toxiques avec les mycotoxines (fièvre, nausées, vomissements, état de fatigue, hémorragies pulmonaires) comme c'est le cas lors d'exposition professionnelle (en milieux industriel, agricole). |
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Quelles sont les personnes les plus vulnérables ?
Les personnes souffrant d’allergies, d’asthme et de maladies respiratoires chroniques, les nourrissons et les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes immunodéprimées sont généralement plus sensibles à une exposition aux moisissures.
Comptage des moisissures…
En tant que pneumoallergènes, le corps médical est en demande du recensement des spores fongiques. Les techniques de recueil et de comptage des spores de moisissures sont voisines de celles que l'on utilise pour les pollens.
9 villes en France dont le site de Lille (démarrage en 2007) procèdent à l'analyse des recueils de spores de moisissures afin de pouvoir compléter l'information diffusée dans les bulletins allergo-polliniques, édités chaque semaine. |
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Les moisissures Alternaria et Cladosporium…
Parmi les moisissures atmosphériques analysées, nous retiendrons plus particulièrement Alternaria et Cladosporium pour leur abondance et/ou leur allergénicité.
 Vue au microscope Photo M. Vérollet
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Alternaria est très répandu dans l'atmosphère (2 à 5% de la mycoflore atmosphérique). Cette moisissure, donne des colonies plutôt duveteuses, allant du gris au noir. On la retrouve dans le sol, mais elle parasite aussi les végétaux en décomposition et les débris organiques (aliments, fruits et légumes). C’est le seul allergène d’origine mycotique avec lequel il soit actuellement possible de réaliser une désensibilisation.
Seuil à risque : environ 500 spores/m3/jour
soit un seuil compris entre 3500 et 7000 spores/m3/semaine
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 Vue au microscope Photo M. Vérollet |
Cladosporium est la plus abondante des moisissures. Ses colonies, plus ou moins brunâtres, vont du vert olive foncé au noir et poussent volontiers dans le sol, sur les aliments, les cadres de fenêtres, les textiles, les surfaces peintes, voire sur les plantes mourantes.
Seuil à risque : 8000 spores/m3/jour
soit un seuil de 56000 spores/m3/semaine |
Et dans les habitations ?
Les moisissures que l’on retrouve à l’intérieur des habitations sont particulièrement communes dans les maisons bien isolées qui sont pourvues d’une pauvre circulation d’air, d'une humidité excessive. Les moisissures se forment et prolifèrent dans des milieux humides tels que le sous-sol, la salle de bain, la cuisine… Les produits cellulosiques (bois, carton, papier peint ou placoplâtre…) constituent d’excellents supports à la croissance des moisissures, de même que tout amas de matières végétales ou de poussières organiques.
La seule présence visible de moisissures dans un lieu de vie multiplie par 4 le risque d'allergies pulmonaires.
Conseils pour se prémunir des moisissures…
En extérieur :
- Eviter les promenades en forêt après la pluie et le brouillard.
- Ne pas ramasser de feuilles et de bois mort.
- Dans les jardins, éviter les tas de végétaux en décomposition (feuilles, gazon et autres débris végétaux).
En intérieur :
- Vérifier toute la plomberie pour détecter et réparer les fuites intempestives ainsi que l’étanchéité des toitures, portes et fenêtres. Après un dégât des eaux, assécher le plus rapidement possible et remplacer si nécessaire les matériaux fortement endommagés (matelas, tapis, placoplâtre…)
- Si des moisissures apparaissent, lavez sans délai les surfaces contaminées avec de l'eau de Javel.
- Aérer et ventiler régulièrement l’habitat et permettre une aération adéquate même au grenier et dans les espaces restreints.
- Actionner les ventilateurs, surtout lors de certaines activités (bain, douche, lessive, cuisson…) et vérifier leur efficacité.
- Mettre en place une isolation (double vitrage) pour éviter les phénomènes de condensation.
- Maintenir un taux d’humidité de 50 % maximum dans l’habitat et, si besoin, recourir à un déshumidificateur.
- Pour limiter l'augmentation du taux d'humidité dans le logement éviter d’entreposer le bois de chauffage à l’intérieur, éviter de faire sécher de façon excessive le linge à l’intérieur, ne pas utiliser d’humidificateurs ou de vaporiseurs, éviter les aquariums de grande capacité.
- Faire sécher les vêtements immédiatement après leur lavage.
- Nettoyer régulièrement les panneaux de condensation des réfrigérateurs, humidificateurs, climatiseurs, les réservoirs des déshumidificateurs.
- Changer périodiquement les filtres des climatiseurs et des systèmes de chauffage par air pulsé.
- Prévoir des revêtements de sols adaptés aux pièces humides. Utiliser des peintures fongicides.
- Utiliser un désinfectant (eau de Javel) pour nettoyer les poubelles, salles d’eau (rideaux de douche et joints notamment), cadres des fenêtres…
- Garder votre résidence propre et exempte de poussières.
- Retourner la terre des plantes d’intérieur et maintenir en surface du pot de la terre fraîche et éviter les bacs à réserve d'eau.
- Eviter les séjours prolongés dans les sous-sols et ne pas y entreposer du bois humide.
- Eviter le stockage de vieux vêtements et de cuirs (chaussures) dans des placards, de papiers et journaux, de fruits et de légumes.
- Attention aux chauffages d'appoint, type poêle à pétrole, qui utilisé au delà de deux heures par jour peuvent emmettrent unequantité importante de vapeur d'eau
RESULTATS 2007
Evolution des moisissures en 2007 - Lille
Depuis juin 2007, le site de Lille, dont le suivi est assuré par l’APPA, réalise l'observation des moisissures. Il rejoint les 3 autres sites du nord de la France qui réalisent ces observations que sont Reims, Troyes, Strasbourg.
Les moisissures sont des pneumoallergènes dont l'émission des spores dans l'atmosphère ne sont réellement suivis que depuis peu. Le RNSA développe depuis quelques années avec des membres du réseau le suivi de 2 types de moisissures; il s’agit d’Alternaria et de Cladosporium, les 2 espèces les plus courrament rencontrées et pouvant poser problème pour les personnes allergiques.
Vous retrouverez dans le BAP, édité par l'APPA toutes les semaines, toutes les informations utiles, dont notamment le seuil allergique défini par le RNSA. L'allergie aux moisissures est semblable à l'allergie aux pollens en ce qui a trait aux symptômes et aux traitements.

RESULTATS 2008
Cliquez ici pour découvrir les données 2008
CONTACTS
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N'hésitez pas à nous contacter au 03.20.31.71.57
Contacts :
Laetitia Davranche, chargée d'études à l'APPA Nord - Pas de Calais
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