Cette page reprend un dépliant réalisé par le Comité Régional en 2001 actualisé en 2004, en partenariat avec l'URMEL, et avec le soutien du Conseil Régional Nord-Pas de Calais et de la délégation régionale de l'ADEME. Il est disponible auprès du Comité Régional ...
Depuis une dizaine d'années, de nombreux travaux épidémiologiques ont pu mettre en évidence l'impact sur la santé de la pollution atmosphérique urbaine. La pollution à court terme influence la mortalité mais aussi la morbidité (Ensemble des causes qui peuvent provoquer une maladie). L'impact à long terme sur l'espérance de vie a fait l'objet d'un nombre plus restreint de travaux. Ceux-ci révèlent un effet significatif de l'exposition à long terme aux particules fines sur la mortalité, tout spécialement sur la mortalité cardio-respiratoire.
L’atmosphère est le réservoir d’une multitude de polluants, émis principalement par les activités humaines :
Le dioxyde de soufre - SO2 est un irritant qui cause une constriction des bronche et une accentuation de l’asthme.
Sources : activités tertiaires, industries, véhicules
Le dioxydes d’azote - NO2 est un oxydant qui provoque des lésions inflammatoires des voies aériennes.
Sources : principalement véhicules et industries
Le monoxyde de carbone - CO se fixe sur l’hémoglobine du sang, ce qui provoque une réduction du transport de l'oxygène aux organes. Il peut être responsable de maux de tête et de vertiges, mais également d'effets à long terme sur l'appareil cardiovasculaire et, à de fortes concentrations une intoxication mortelle.
Sources : appareils de chauffages (mauvaise combustion), véhicules
Les Composés Organiques Volatils - COV (hydrocarbures, benzène, aldéhydes…) ont des effets très divers allant de la simple nuisance olfactive à des effets plus graves (troubles du système nerveux ; certains sont cancérigènes)
Sources : combustion, solvants, carburant, ...
Les particules en suspension sont un ensemble hétérogène. Les particules inhalables (de diamètres inférieur à 10 microns ou PM10) et les particules fines (de diamètre inférieur à 2,5 microns ou PM2,5 sont émises lors de combustions. Elles sont responsables d'effets sur l'appareil respiratoire et sur l'appareil cardiovasculaire. Leur impact à court et long terme sur la mortalité a été montré par les épidémiologistes, qui les considèrent, avec l'ozone, comme les polluants qui ont l'impact le plus significatif sur la santé publique.
Sources : véhicules (en particulier diesel) et combustion de certaines industries
l’ozone O3 est un oxydant, qui provoque une inflammation des muqueuses oculaires et pulmonaires. L'ozone et les particules fines ont une effets significatif sur le déclanchement de crises d'asthme chez les asthmatiques. L'effet de l'ozone sur l'apparition de l'asthme est plus discuté.
Source : polluant secondaire résultant des réactions chimiques entre NOx et COV en présence de rayonnement solaire
Outre les polluants mentionnés ci-dessous, d'autres polluants plus spécifiques issus d'activités particulières (industries, incinération d'ordures ménagères ...) ne doivent pas être oubliés : métaux lourds (plomb, cadmium, manganèse, nickel, arsenic, ...), dioxines, ...
Pour en savoir plus et connaître les niveaux quotidiens de polluants, consultez le site d'ATMO Nord Pas de Calais.
Au cours des 12 dernières années, les émissions industrielles ont diminué, ce qui a entraîné une évolution de la nature de la pollution atmosphérique. Elle est de plus en plus influencée par le trafic routier, source prépondérante en milieu urbain.
Si la qualité de l’air s’est améliorée, l’accroissement du trafic routier reste préoccupant car l'augmentation des déplacements automobiles n'est pas entièrement compensée par la diminution des rejets par véhicule en relation avec les évolutions techniques et réglementaires.

L'impact sanitaire des niveaux de fond de la pollution atmosphérique dans les villes reste significatif et il peut être majoré par des épisodes de forte pollution. Les conditions météorologiques particulières favorisent l'accumulation des polluants. Ces épisodes peuvent être de plusieurs types :
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Pollution hivernale : Présence accentuée de NOx, SO2 et particules
Pollution estivale : Pollution photochimique liée à la production d’ozone O3 et de polluants associés (acide nitreux HNO2, peroxyde d’hydrogène H2O2, …) survenant lors de périodes de fort ensoleillement |
« le cœur du problème c’est le poumon.»
La voie respiratoire est la voie d’entrée principale pour les polluants atmosphériques.
Ils peuvent provoquer l’irritation des muqueuses des voies aériennes et participent à une augmentation de certaines pathologies comme l’asthme.
La majorité des gaz atteint le fond des poumons. Les particules, quant à elles, y pénètrent plus ou moins selon leur taille.
D'après de récentes études toxicologiques, les cellules épithéliales respiratoires exposées à des particules diesel sont sujettes à une réponse inflammatoire induite de façon importante par les composés organiques adsorbés à la surface des particules (programmes de recherche PRIMEQUAL, 2000).
En outre, le caractère mutagène de ces particules a été démontré. |

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La voie digestive : Les polluants atmosphériques retombent dans l’eau, sur le sol ou les végétaux, pouvant ainsi contaminer des produits que nous ingérons par la suite (dioxines issues de certains processus de combustion qu’on retrouve dans le lait de vache, pesticides, métaux lourds).
La voie cutanée : quelques toxiques (tels que ceux contenus dans certains insecticides) peuvent traverser la peau pour pénétrer dans l’organisme, et provoquer des pathologies , mais ce mode de contamination reste très marginal
Nous passons 80 - 90% de notre temps à l’intérieur des lieux clos. L’atmosphère intérieure contient de nombreux polluants d’origine extérieure mais aussi des polluants engendrés par les activités dans la pièce et parfois par les matériaux qui ont servi à sa construction.
Exemples de polluants intérieurs :
- Les composés organiques volatils issus des peintures, des colles, des encres, des détachants, des solvants, des cosmétiques ou des produits d’entretien.
- Les métaux (Pb) ou les fibres (amiante) issus des matériaux de construction.
- Les substances allergisantes provenant des animaux domestiques, des plantes, des acariens, des blattes.
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Le tabagisme :
Le tabagisme actif est la source majeure de pollution intérieure. Il est responsable de 90% des cancers broncho-pulmonaires et de 60 000 décès par an en France. D'autre part, le tabagisme passif (exposition à la fumé de tabac des personnes qui côtoient les fumeurs) augmente le risque de développer un cancer broncho-pulmonaire chez une personne exposée.
Pour mieux connaître les effets du tabac : Association ECLAT sur le portail Santé Nord - Pas de Calais |

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Le monoxyde de carbone CO :
Les appareils à combustion comme les chauffe-eau, les feux à charbon, les poêles à pétrole ... sont sources de divers polluants gazeux comme e CO2, le NO, le NO2, le SO2, divers COV, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), ... Ils peuvent être également la source de monoxyde de carbone, gaz inodore et incolore, issu d'une combustion imparfaite par manque d'oxygène (appareils mal réglés, fonctionnant dans des conditions inadaptées, ou locaux mal ventilés). A forte concentration, il peut provoquer des intoxications graves voire mortelles. Chaque année en Nord-Pas de Calais, les intoxications au CO provoquent environ 1 000 hospitalisations dont 40 décès, et un nombre inconnu d'intoxications chroniques. Ces chiffres sont sans doute sous-estimés car les symptômes de l'intoxication au CO ne sont pas spécifiques (erreur de diagnostic possible).
Pour en savoir plus sur le CO, vous pouvez consulter notre dossier sur "les intoxication au monoxyde de carbone". Nous vous conseillons également le site internet du Centre Antipoison de Lille dédié au CO.
Les résultats d'études épidémiologiques récentes, comme le programme PSAS-9 (Programme de Surveillance Air-Santé 9 villes : Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Strasbourg et Toulouse), ont permis de mettre en évidence les relations à court terme entre les variations du nombre journaliers de décès et d'hospitalisation pour motif cardiaque ou respiratoire et les indicateurs de pollution atmosphérique (particules en suspension, O3, NO2, SO2).
Ainsi dans la communauté urbaine de Lille, une diminution de 50 % des niveau de pollution pourrait permettre d'éviter environ 300 hospitalisations de jeunes de moins de 15 ans pour motifs respiratoires.
Le tableau ci-dessous présente l'excès de risque de mortalité estimé pour une exposition la veille du décès et pour une augmentation de 10µg/m3 des indicateurs de pollution dans la communauté urbaine de Lille.
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Fumées Noires* |
SO2 |
NO2 |
O3 |
| Mortalité totale |
+ 0,8 % |
+1,1 % |
+ 1,0 % |
+ 0,7 % |
| Mortalité cardio-vasculaire |
+ 0,5 % |
+ 0,8 % |
+ 1,2 % |
+ 1,1 % |
| Mortalité respiratoire |
+ 0,7 % |
+ 1,1 % |
+ 1,3 % |
+ 1,2 % |
* Les fumées noires sont un des indicateurs de la pollution par les particules en suspension.
(Source : Institut de Veille sanitaire. 2002)
D'autre part, les résultats d'études américaines et plus récemment européennes portant sur des cohorte (échantillon de population suivi à long terme) ont montré que l'impact sanitaire des particules en suspension ne concerne par uniquement le court terme. L'exposition à long terme est responsable d'une réduction de l'espérance de vie.
L'analyse de ces données ne permet pas de déceler de seuil de pollution atmosphérique au dessous duquel il n'existerai pas d'effet significatif sur la mortalité au sein de la population. Tout se passe comme si, même à des niveaux très faibles de pollution, il y avait encore dans la population suffisamment de personnes sensibles pour qu'un effet soit mis en évidence.
La prévention des effets sur la santé de la pollution atmosphérique urbaine ne peut donc pas uniquement reposer sur la gestion des alertes lors des pics de pollution. elle doit viser à réduire les niveaux moyens de fond de l'exposition de la population pour espérer un bénéfice significatif sur la santé publique. Cela doit donc conduire à agir sur les sources de pollution, en particulier celles liées au transport routier : amélioration des moteurs et des carburants, aménagement des villes, amélioration du recours aux transports collectifs ...