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  Etudes    Biosurveillance : Apport de la cartographie de la qualité globale de l'air à l'aide des lichens épiphytes dans l'étude Sentinelles de l'air Nous contacter

Apport de la cartographie de la qualité globale de l'air
à l'aide des lichens épiphytes
dans l'étude "Sentinelles de l'air"

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Ces campagnes lichéniques sont réalisées en collaboration avec le Laboratoire de Botanique de la Faculté de Pharmacie de Lille

Faculté de Pharmacie de Lille

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Objectif

Ce travail a comme objectif d’apporter, grâce à la biosurveillance, des informations sur l’impact des polluants atmosphériques sur l’environnement dans lequel évoluent les volontaires de l’enquête "sentinelles de l’air".

Pour cela, nous avons réalisé des cartographies des impacts des polluants atmosphériques sur l’environnement en nous basant sur l’observation des lichens se développant sur les arbres dans les agglomérations de Lille et Dunkerque.

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Choix des stations lichéniques

Le choix des stations de relevés lichéniques a été guidé par la répartition des sentinelles de l’air et des cartographies précédentes sur les secteurs des communautés urbaine de Lille et de Dunkerque.

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Caractéristiques des stations lichéniques

Une station de relevé lichénique doit comprendre au minimum 5 arbres. Pour cela, les arbres d’alignement, de parcs et jardins sont de bons supports. Certaines essences telles que les platanes, les bouleaux sont peu favorables au développement des lichens car leur écorce se desquame. Pour des raisons méthodologiques, il convient de ne pas prendre de stations en milieu forestier. En effet, les conditions écologiques et la dispersion des polluants atmosphériques y sont particulières et entraînent un biais dans les observations.

De plus, ces arbres doivent avoir un tronc non bas branchu et droit, car un tronc incliné présente des conditions écologiques différentes qui favorisent le développement de certaines espèces.

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Les relevés lichéniques

Le relevé des espèces sur le tronc se fait à partir de 50 cm du sol à environ 1,80 m de haut. Les premiers 50 cm sont fréquemment exposés à diverses retombées, qui ont un impact significatif sur la flore lichénique. Il ne faut pas observer les lichens trop près du houppier de l’arbre, la proximité du branchage créant des conditions écologiques un peu particulières.

Dans ces limites, il convient d’observer l’intégralité des lichens du tronc. De plus, la présence de stades juvéniles plus fragiles et de nécroses (taches, colorations particulières des thalles) doit être indiquée sur la fiche de relevé. Si, lors du relevé, une espèce pose problème pour sa détermination, une partie du thalle est prélevée et l’identification est effectuée en laboratoire.

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Méthode de lecture

La cartographie de la végétation lichénique a été réalisé grâce à l'échelle VAN HALUWYN & LEROND (1986). Celle-ci repose sur l’observation phytosociologique des groupements de lichens se développant sur les arbres, dans la moitié nord de la France. En fonction des espèces observées sur un site, on se réfère à l'échelle qui comprend 7 niveaux notés de A (flore lichénique pauvre - impact de la pollution atmosphérique fort) à G (flore lichénique diversifiée - impact de la pollution atmosphérique faible).

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L'analyse cartographique

Les cartographies réalisées montrent qu'il n'y a pas de situation correspondant aux niveaux de mauvaise qualité de l'air de la méthodologie employée. Nous observons une grande homogénéité des résultats avec une majorité de zones E et F sur le dunkerquois et, F et G dans l’agglomération et en périphérie de Lille. Sur l'ensemble des zones prospectées, la flore lichénique est présente, il n’y a donc plus de désert lichénique car les concentrations en SO2 ne sont plus délétères pour les lichens.

Plusieurs points ont été notés G, ce qui indique que le développement de la flore évolue vers son climax (optimum). Ces résultats semblent indiquer que les conditions environnementales, dont la pollution atmosphérique est une composante importante, ont un impact limité sur les lichens.

L’évaluation de la qualité globale de l’air autour des lieux de résidence des sentinelles sur Lille et Dunkerque a donc montré une évolution de la flore lichénique épiphyte.

Les données obtenues sur Dunkerque montrent une situation où les effets de la pollution atmosphérique sur la flore lichénique diminuent. Ces faits révèlent un impact moins important de la pollution acide, même si celle-ci reste encore, périodiquement, un problème sur le littoral. Sur Dunkerque, la répartition des sites est fonction de leur anthropisation mais aussi de leurs caractéristiques écologiques. Les lichens sont ainsi beaucoup plus présents dans les zones urbanisées, notamment au niveau des parcs urbains, et parfois, sont très proches des zones industrielles.

Sur Lille, la situation est différente. Aussi bien en centre ville qu’en périphérie, les relevés sont homogènes. Ainsi, le phénomène d’anthropisation n’est pas clairement mis en évidence.

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Les communautés d’espèces

Nous avons réalisé un tri des espèces en fonction de leur fréquence. Ce tri montre une prédominance de certaines espèces. En effet, les espèces ne se répartissent pas au hasard mais par groupes, en fonction de nombreux paramètres tels que les caractéristiques des arbres, les conditions climatiques, les paramètres de la station (humidité, ensoleillement…) et, bien sûr, de la pollution atmosphérique.

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Conclusion

Outre des conditions très différentes entre ces 2 villes, les relevés effectués montrent toutefois une large dominance des espèces nitrophiles. Or, le développement de cette couverture lichénique n’évolue pas vers son optimum. Nous assistons à une banalisation de cette flore où vont dominer ces espèces nitrophiles.
Depuis quelques années, l’augmentation de ces espèces nitrophiles, précédemment absentes, ainsi que l’observation de l’appauvrissement des espèces acidophiles tend à montrer une imprégnation de plus en plus importante de l’environnement par l’azote. Ainsi, nous observons le passage d’une pollution de type acido-particulaire, d’origine industrielle, à une pollution d’origine azotée. Les poussières peuvent également être associées à ce phénomène.

Cet impact de plus en plus prononcé de la pollution azotée sur l’environnement peut avoir différentes sources : l’élevage, l’automobile et l’industrie. Ainsi, dans la continuité des observations faites par les AASQA, nous mettons en évidence l’impact d’une pollution atmosphérique azotée importante et en augmentation sur les Communautés Urbaines de Lille et de Dunkerque. Etant donné les contextes urbains et notamment sur Lille, cette pollution azotée va provenir des émissions automobiles (NH3 émis en quantité non négligeable par les pots catalytiques) et est associée sur le dunkerquois aux émissions industrielles.

Nous pouvons donc dire que les volontaires de l’étude "Sentinelles de l’air" évoluent dans un environnement de plus en plus marqué par les polluants azotés. Cette mise en évidence démontre bien que la place de la voiture pose de plus en plus de problème sur l’environnement. La distribution et l’abondance des lichens nous donnent des indications quant au degré de cette pollution azotée.

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Téléchargements

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Contacts :
Laetitia Davranche
, chargée d'études à l'APPA Nord - Pas de Calais
Damien Cuny, maître de conférences à la Faculté de Pharmacie


Cette étude est soutenue par :
ADEME, délégation Nord Pas de Calais Conseil Régional - Direction Environnement Energie Déchets

Communauté Urbaine de Dunkerque DIREN Nord Pas de Calais

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