Interview de Guillaume LECARPENTIER
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De mi-mars à mi-avril, l’actualité de l’air de notre région a été rythmée par des épisodes successifs de pollution par les particules, imputables en bonne partie à des conditions météorologiques défavorables à la dispersion des polluants. Guillaume Lecarpentier, d'Atmo Nord Pas de Calais (réseau de surveillance de la qualité de l'air en Nord Pas de Calais), répond à nos questions.
Guillaume Lecarpentier, responsable communication, ATMO Nord-Pas de Calais
APPA NPC : Pourquoi cette « avalanche » de pics de pollution en mars – avril ?
G. Lecarpentier : Il est vrai qu'en mars et en avril, dans le Nord – Pas-de-Calais des niveaux élevés de poussières en suspension ont été enregistrés par les stations de mesures automatiques. Ces épisodes ont concerné d’autres régions françaises ainsi que la Belgique. Un premier épisode a eu lieu du mardi 13 mars au vendredi 16 mars 2007, soit 4 jours consécutifs. Un second épisode a eu lieu du dimanche 25 mars au mardi 3 avril 2007, soit 10 jours consécutifs et enfin un troisième du 10 au 17 avril..
Plusieurs facteurs ont contribué à l'augmentation des niveaux de poussières en suspension.
Premièrement, il ne peut y avoir d'épisode de pollution sans sources et émission de pollution : Les sources de PM10 (poussières fines de moins de 10 microns) sont très diversifiées : pots d'échappement des véhicules, revêtement des routes, chantiers de bâtiment et travaux publics, production d'énergie, industries, systèmes de chauffage individuels et collectifs, brûlage de végétaux, activités agricoles, tabagisme, .... mais aussi érosion naturelle et transport de particules naturelles comme les grains de pollen ou de sable (selon certaines conditions climatiques). Depuis quelques années, nous observons que les concentrations annuelles ont tendance à stagner plutôt qu'à diminuer.
Deuxièmement, les conditions météorologiques constatées depuis mi mars 2007 sont particulièrement défavorables à la dispersion des poussières en suspension. On peut citer notamment l'absence de pluies depuis début mars dans la région. Ajoutez à cela des températures supérieures aux normales saisonnières, des vents souvent faibles de secteur Nord (donc des masses d’air déjà potentiellement chargées en polluants) , des hautes pressions atmosphériques, des brouillards et des inversions de température en mars et vous avez toutes les conditions pour l'accumulation des poussières dans l'atmosphère.
Troisièmement, l'évolution de la mesure des poussières en suspension, (annoncée et présentée dans le bulletin "L'air des beffrois" n°8 - p24) participe sans doute également au constat général. En effet, afin d’être conforme aux normes européennes, nos capteurs ont été équipés dès janvier 2007 d’un nouveau système complémentaire permettant de mieux prendre en compte les composés volatiles fixés aux particules. Cette évolution technique peut donc se traduire par une augmentation des niveaux de poussières enregistrés. L’appréciation de cette influence à l’échelle régionale (équipement installé en janvier dernier) nécessite quelques mois de recul supplémentaires. Cette évolution présente l’avantage de pouvoir comparer nos résultats de mesure de poussières en suspension avec ceux recueillis par nos voisins européens, et notamment avec la Belgique, et d’appréhender l’échelle interrégionale de certains épisodes de pollution.
Un dossier complet est consacré à ces épisodes de pollution par les poussières en suspension dans le prochain numéro de l' "Air des beffrois" - parution mai 2007.
APPA NPC : Comment les équipes d’ATMO Nord-Pas de Calais se sont-elles mobilisées pour faire face à cette pollution ?
G. Lecarpentier : En région Nord Pas de Calais, comme dans quelques régions françaises, les PM10 sont intégrées au dispositif d'alerte régional. En cas de déclenchement de la procédure d’alerte, Atmo Nord – Pas-de-Calais informe les autorités ainsi que les média pour que l’information puisse être ensuite relayée vers la population. En interne, une astreinte est effective toute l’année depuis 1997. Les stations de mesures sont programmées pour informer par SMS l'agent d'astreinte dès que des seuils prédéfinis de vigilance interne sont atteints. L'agent vérifie et valide les données pour assurer le cas échéant le déclenchement de l’alerte. Un communiqué d'information est ensuite préparé puis envoyé aux autorités administratives et services d’urgence (Services préfectoraux du Nord et du Pas-de-Calais, DRIRE, SAMU, Centre Antipoison…) . Ce même communiqué est également envoyé directement aux principaux média (presse écrite, radio et TV) pour information de la population. Notre site Internet (www.atmo-npdc.fr) sert également de moyen d'information.
A ce titre, et depuis l'application de l'arrêté interdépartemental d'alerte en date d'août 2005, nous avons recensé 3 dépassements du niveau d'information pour les PM10 d'août à décembre 2005 et 3 dépassements du niveau d’information et 2 dépassements du niveau d’alerte en 2006. Les mesures d'incitation et de limitation des émissions prévues dans le cadre des dispositifs d'alerte, ont pour objectif de limiter les niveaux atteints ainsi que la durée des épisodes de pollution.
En savoir plus : www.atmo-npdc.fr, rubrique "Actualités"
ATMO Nord-Pas de Calais - 0810 10 59 62 - contact@atmo-npdc.fr