Olivier PAS, ingénieur en environnement industriel,
assure le secrétariat du S3PI du Hainaut-Cambrésis-Douaisis
S3PI : Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles
APPA NPC : Pourquoi créer un S3PI dans le Hainaut-Cambrèsis-Douaisis ?
Olivier Pas : Nous voulons répondre à deux besoins : d’une part celui d’améliorer le porté à connaissance entre les acteurs locaux de la prévention des pollutions et des risques : industriels, élus, administrations et associations, d’autre part celui de satisfaire la revendication croissante de la population de son droit à une information claire et transparente en matière d’environnement. .
APPA NPC : Les S3PI de l'artois et du dunkerquois existent depuis plusieurs années, pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour le Hainaut-Cambrèsis-Douaisis ?
O. Pas : Les S3PI avaient jusqu’à présent vocation à traiter les pollutions et les risques d’origine industrielle, c’est pourquoi ils étaient créés prioritairement autour des bassins industriels denses et fortement urbanisés. Leur succès ne s’est jamais démenti, aussi nous créons notre S3PI un peu par contagion, afin d’assurer une couverture régionale. De plus, nous voulons étendre nos compétences à toutes les pollutions : industrielles et urbaines, et à tous les risques : technologiques et naturels, ce qui rend la présence d’un S3PI en Hainaut-Cambrésis-Douaisis encore plus opportune.
APPA NPC : Quels sont les objectifs du S3PI ?
O. Pas : Nous nous sommes fixé pour but une création par arrêté préfectoral à l’automne 2006. Nous tiendrons à cette époque le Conseil d’orientation qui réunira tous les membres du S3PI pour son installation officielle. Avant la fin de l’année 2006, nous définirons un programme de travail pour chacune des quatre commissions thématiques, l’objectif étant de les réunir au rythme de deux fois par an. Nous espérons ainsi être complètement opérationnels en 2007, et comptons bien, à l’image des autres S3PI, devenir rapidement un acteur incontournable de la communication en matière d’environnement et de risques.
APPA NPC : Comment le S3PI compte-t-il définir ses axes prioritaires ?
O. Pas : Comme doit le faire un S3PI, c'est-à-dire en concertation avec tous les acteurs concernés : industriels, élus, administrations et associations. En pratique, chaque commission thématique se déclinera en groupes de travail qui identifieront les besoins et soumettront les actions à mener à un comité de suivi chargé de les valider. Tout pourra être imaginé, notre cadre réglementaire étant extraordinairement souple
APPA NPC : Quelles sont pour vous les clés de la bonne concertation ?
O. Pas : Il s’agit tout d’abord de bien se connaître, de savoir précisément qui fait quoi, et le S3PI est pour cela un lieu de rencontre privilégié entre acteurs qui ne se côtoient pas par ailleurs, ou alors séparément. C’est ensuite un climat de confiance qui naîtra de la volonté de transparence de chacun. Le S3PI encourage cet état d’esprit car il n’est pas un tribunal, mais juste un lieu où on peut parler des problèmes dans le calme et chercher des solutions ensemble. Enfin, le secrétariat permanent jouera un rôle décisif en collectant et en mettant en commun les informations.
APPA NPC : Des exemples récents et des travaux de recherche tendent à montrer que certains services de l'état abordent la concertation comme une étape obligée de communication mais non comme une démarche pouvant enrichir ou modifier le projet mis en concertation, comment comptez-vous évacuer cet écueil ?
O. Pas : Justement, le S3PI n’est pas un service de l’Etat, il tire sa force de sa structure collégiale et reposant sur le volontariat : ceux qui y viennent ont un message à faire passer, y compris l’administration qui aura à cœur de montrer la manière dont elle intervient dans les projets locaux, son rôle étant souvent méconnu ou mal compris. Notre principal atout est de pouvoir proposer à nos membres de s’exprimer librement, en dehors des contraintes formelles ou réglementaires.
APPA NPC : Souvent la parole des associations n'est pas prise en compte du fait d'un discours qui n'est pas spécialiste. Quel accompagnement comptez-vous leur apporter pour que les aspects techniques soient compris par ces associations afin de favoriser la communication entre l'ensemble des acteurs ? Quelle place allez-vous donner aux positionnements et discours des associations?
O. Pas : Le fait de disposer d’un secrétariat permanent avec du personnel à disposition permettra de répondre à tout moment aux sollicitations des associations. Des réunions d’informations ou de sensibilisation sur des sujets techniques pourront aussi être organisées à leur intention spéciale si elles le souhaitent. Quant à la place que nous allons donner aux associations, elles seront au même rang que les industriels, les élus et l’Etat, et leur positionnement aura la même valeur. Il n’y a pas de voix prépondérante au S3PI, ce serait contraire à son principe.
Olivier PAS : 03 27 21 31 69 - olivier.pas@industrie.gouv.fr
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